Quand l’agitation estivale ne crĂ©e plus l’illusion de rĂ©chauffer l’intĂ©rieur
L’Ă©tĂ©
Cette saison qui brille sur les réseaux, ruisselle dans les newsletters de développement personnel et se vend dans les pubs comme un moment de plénitude, de joie, de liberté retrouvée.
C’est aussi, paradoxalement, la saison où certaines femmes — peut-être toi, peut-être moi — se sentent le plus décalées.
Pas parce qu’elles vont mal.
Mais parce qu’elles ne vont pas.
Elles sont lĂ , prĂ©sentes physiquement, entourĂ©es de lumière, d’agitation estivale, d’invitations à “profiter”…
Et pourtant, à l’intérieur, c’est comme si quelque chose avait quitté la pièce.

Le mythe de l’Ă©tĂ© parfait
On ne le dit pas souvent, mais l’été peut être un piège.
Un piège brillant, doré, parfumé au monoï, mais un piège quand même.
Il t’impose une sorte de bonheur obligatoire.
Il sous-entend que si tu ne ressens pas de joie intense, c’est que quelque chose ne tourne pas rond chez toi.
Que tu es peut-être “trop sensible”, “insatisfaite”, ou simplement “épuisée”.
Mais et si ce n’était aucune de ces choses-là ?
Et si tu étais simplement en train de vivre un moment de vérité intérieure dans un monde qui ne laisse pas la place à cette vérité ?
Ce vide intérieur qui ne prévient pas
Le vide ne se manifeste pas toujours avec des larmes, des crises ou du chaos.
Parfois, il est silencieux, poli, discret.
Parfois, il se glisse dans les interstices d’une journée sans problème. Il te regarde vivre… et il s’ennuie.
Tu fais tout ce qu’il faut.
Tu souris aux bons moments.
Tu poses tes valises au bord de la mer.
Tu bois ton café glacé avec tes lunettes de soleil sur le nez.
Et malgré tout ça, il n’y a plus rien qui vibre.
Ce vide peut venir de mille chemins
L’erreur serait de croire que ce vide n’est que la suite logique d’une saturation extrême (un trop-plein ou un burn-out).
Non. Il peut venir aussi de l’exact opposé : d’un lent glissement hors de soi.
Parfois, on ne s’est pas surmenée.
On ne s’est pas écroulée.
On s’est endormie dans une vie qui n’était pas la nôtre. (si cela te parle, relis mon article : « Arroser ton jardin intérieur« )
On a glissé doucement dans un scénario écrit par d’autres.
On a voulu être aimée, acceptée, utile, rassurante.
Et un jour, on se rend compte qu’on ne sait même plus ce qu’on veut.
Quand même la justesse intérieure ne suffit plus
Mais ce vide peut aussi surgir quand on fait tout depuis l’être, depuis une grande justesse intérieure… mais que rien, dehors, ne semble répondre.
Quand on a le cœur ouvert, une activité pleine de sens, un alignement apparent — et que pourtant, l’argent ne rentre pas, les projets stagnent, les portes restent fermées.
Alors, malgré tout ce qu’on a appris, on doute.
On se demande si la foi suffit.
Et parfois, cette absence de réponse extérieure devient une vraie faille intérieure.
On ne sait plus si c’est soi, ou la vie, qui n’y croit plus.
Ce vide n’est pas une panne. C’est un message
Si tu te reconnais là -dedans, s’il t’est déjà arrivé de sentir que même l’été ne suffit plus à te remplir, sache ceci :
Ce n’est pas un bug à réparer.
Ce n’est pas une faiblesse à corriger.
C’est un message.
Un message de ton corps.
De ton cœur.
De ton âme.
Mais aussi, peut-ĂŞtre, un message de la vie elle-mĂŞme.
Un appel à lâcher non pas ce que tu fais… mais comment tu t’y tiens.
À revenir à la foi que ce que tu es, dans ta fréquence la plus subtile, a sa place ici.
Même si, pour l’instant, rien ne le prouve.
C’est un message qui dit :
“Tu as été loin de toi trop longtemps.”
“Tu as rempli ton emploi du temps, mais pas ton réservoir intérieur.”
“Tu as cru que tu devais tout porter seule.”
Et maintenant, tu ne peux plus faire semblant.
Et non, ce vide ne nie pas tout ce que tu as fait
Ressentir ce vide aujourd’hui ne veut absolument pas dire que tout ce que tu as fait avant était inutile.
Bien au contraire.
C’est précisément parce que tu as avancé avec conscience, parce que tu es sensible à ton équilibre intérieur, que ce vide te confronte.
C’est un signe de lucidité, pas d’échec.
Un appel à affiner encore davantage, pas à effacer le chemin déjà parcouru.
Reconnaître ce vide et avoir le courage de le nommer, c’est déjà un acte immense.
C’est le step essentiel pour poursuivre ton chemin…
…pas pour obtenir un résultat immédiat,
…mais pour savourer le sentier, tel qu’il est.
Il ne faut pas grand chose… mais il faut quelque chose
Ce que j’ai découvert dans mon propre parcours, ce n’est pas qu’il fallait “tout changer”.
Parfois, ce n’est même pas que je m’étais vraiment éloignée de moi.
C’est plus subtil que ça.
C’est un glissement léger, un micro-décalage intérieur.
Une accumulation d’incertitudes, un doute qui s’installe, une fatigue qui s’étire sans bruit.
Et un jour, je réalise que je ne ressens plus l’élan — alors que je suis encore là , bien présente.
Toujours connectée… mais plus nourrie.
Toujours animée… mais vidée.
Ce n’est pas un “grand éloignement” de moi, mais un affaiblissement du lien.
Comme un fil de soie qui s’effiloche.
Et c’est là que le vide s’invite.
Mais pour me montrer que même une vie “alignée” peut devenir creuse…
si je perds la foi dans ce que je porte, et dans le moment oĂą cela portera fruit.
Parce qu’il y a aussi cela à accepter :
Que parfois, le temps du monde n’est pas encore prêt pour ce que je suis en train de semer.
Que même si cela fait des mois — ou des années — que j’avance avec sincérité,
le fruit ne tombe pas toujours au rythme de mes efforts.
Alors, il me faut revenir Ă une foi plus vaste.
La foi dans le timing divin.
Celui que je ne contrĂ´le pas.
Celui qui ne prévient pas.
Mais qui agit toujours avec une forme de sagesse plus grande que moi.
Et surtout, me rappeler que m’accrocher aux résultats reviendrait à faire le tour du monde…
en ne donnant d’importance qu’au moment où j’en aurai terminé.
Ce serait absurde de traverser des continents entiers en pensant que seule la ligne d’arrivée compte.
Ce qui fait la richesse du voyage, c’est tout ce qui se vit en route.
Et pour toi, il est question de quoi ?
D’un éloignement de toi ? D’un feu qui vacille ?
Ou simplement d’un flou, d’un flottement que tu n’arrives pas encore à nommer ?
Pas besoin de réponses claires.
Mais peut-être qu’en lisant ces lignes, quelque chose se réveille doucement…
Un pincement. Un souvenir diffus.
La sensation d’avoir laissé une part de toi en arrière, sans t’en rendre compte.
Peut-être que tu ne ressens plus rien parce que tu ne t’autorises plus à vouloir.
Ou parce que tu t’es longtemps adaptée, jusqu’à oublier ce qui vibrait vraiment en toi.
Peut-être que ce n’est pas une crise, ni un effondrement, mais juste…
un appel Ă revenir, sans pression, sans exigence.
Ce n’est pas ta faute.
Et ce n’est même pas “grave”.
C’est juste… le bon moment pour t’arrêter un instant et te poser une autre question :
Qu’est-ce que tu pourrais rallumer, là , maintenant, même un tout petit peu ?
un été différent
Et si cet été était justement celui où tu n’as pas à rayonner ?
Celui où tu t’autorises à ne pas faire, à ne pas performer, à ne pas réfléchir à ce que tu devrais faire maintenant.
Celui où tu t’accordes, enfin, un véritable repos psychique.
Pas juste une sieste ou des vacances. Mais une vraie pause intérieure.
Celle où tu t’allèges de cette voix mentale qui commente tout, planifie tout, exige tout.
Celle qui s’invite même dans tes trajets, tes repas, tes pauses pipi.
Et si cet été était celui où tu te poses pour de bon — sans essayer de te réparer, de comprendre, d’optimiser ?
Juste te déposer.
Marcher sans te poser mille questions.
Cuisiner sans réinventer ta vie entre deux poêles.
Faire une pause… sans en faire un moment « utile ».
Et peut-être que ça commence aujourd’hui.
En reconnaissant ce vide, sans le juger.
En le regardant pour ce qu’il est : une invitation à rallumer.
Pas une urgence, pas une pression, juste une main tendue de ton ĂŞtre Ă toi-mĂŞme.
Un doux signal que tu peux revenir à l’intérieur, sans devoir forcer quoi que ce soit.
En conclusion
Il n’y a pas de saison pour ressentir le vide.
Il n’y a pas de moment “approprié” pour décrocher de soi.
Et il n’y a pas de honte à ne pas se sentir en phase avec les injonctions estivales.
Tu es vivante.
Tu es humaine.
Et parfois, pour retrouver ton feu… il faut d’abord accepter qu’il s’est éteint.
Car peu importe la faiblesse des braises : ce feu a cela de magique qu’il peut se raviver à tout instant, dès lors que tu te rappelles à quel point ton être est précieux.